Motivation et leadership

Motivation et leadership : signal d’alerte ou levier d’évolution ?
La motivation est souvent abordée comme une ressource individuelle : un état à cultiver, une énergie à préserver, un carburant à stimuler. Pourtant, chez les dirigeants et fondateurs que j’accompagne, la motivation ne se réduit pas à une question d’enthousiasme ou de discipline personnelle. Elle reflète la qualité du modèle intérieur à partir duquel ils dirigent.
Les chiffres confirment une tendance structurelle. Selon les données Gallup 2023–2024, moins d’un quart des salariés dans le monde se déclarent pleinement engagés, et le désengagement progresse également chez les managers. En Europe, le stress professionnel touche plus de 40 % des cadres supérieurs de manière régulière. Dans les comités de direction, la fatigue décisionnelle et la surcharge cognitive augmentent nettement depuis les crises successives (sanitaire, géopolitique, énergétique).
La motivation ne disparaît pas. Elle se transforme. Et lorsqu’elle baisse, elle indique souvent qu’un modèle de leadership arrive en fin de cycle.
1. Motivation, leadership et contexte : l’environnement ne suffit pas à expliquer la baisse d’élan
Il serait confortable d’attribuer la baisse de motivation au seul contexte : instabilité économique, pression réglementaire, transformation digitale, climat géopolitique incertain. Ces facteurs jouent un rôle réel. Ils augmentent la complexité et réduisent la visibilité stratégique.
Cependant, deux dirigeants exposés au même environnement ne réagissent pas de la même manière. L’un s’épuise, l’autre ajuste sa posture. La différence ne réside pas uniquement dans la résilience personnelle, mais dans la structure intérieure du leadership.
Lorsque la motivation dépend exclusivement de la performance, de la reconnaissance ou du contrôle, elle devient fragile. À l’inverse, lorsqu’elle s’ancre dans une posture claire, une capacité à se repositionner et à actualiser ses modèles mentaux, elle gagne en stabilité.
La motivation durable ne naît pas d’un contexte favorable. Elle naît d’un alignement renouvelé.

2. Motivation et modèles mentaux : ce qui peut évoluer dans le leadership
Chez de nombreux dirigeants, certains modèles intérieurs ont produit des résultats :
💥Sauver l’entreprise coûte que coûte
💥Ne jamais montrer de tension
💥Porter pour les autres
💥Confondre loyauté et sacrifice
💥Travailler plus pour compenser l’incertitude
Ces schémas ont une efficacité à court terme. À long terme, ils génèrent une érosion silencieuse de la motivation.
Voici une synthèse des dynamiques observées :
| Ancien modèle | Impact sur la motivation | Nouveau positionnement |
|---|---|---|
| Sauver à tout prix | Épuisement progressif | Responsabiliser et partager |
| Ne rien montrer | Isolement décisionnel | Leadership incarné et clair |
| Loyauté excessive | Suradaptation | Frontières ajustées |
| Hyper-performance | Fatigue chronique | Performance soutenable |
| Contrôle permanent | Rigidité stratégique | Agilité consciente |
La motivation se réactive lorsque le leader accepte d’actualiser ces référentiels. Ce n’est pas une remise en question identitaire. C’est une mise à jour stratégique.
Dans mes accompagnements, le travail porte souvent sur la libération des défenses liées à la performance. Lorsque l’identité du dirigeant est exclusivement indexée sur les résultats, toute fluctuation externe devient une menace interne. La motivation se contracte.
💎En repositionnant la posture – capacité d’écoute, confrontation juste, distinction entre responsabilité et surcharge – l’énergie circule à nouveau.
3. Motivation, leadership et transitions : l’espace invisible où tout se joue
Les phases les plus déterminantes ne sont pas toujours visibles. Elles se situent entre deux cycles : lorsque l’ancien modèle ne tient plus et que le nouveau n’a pas encore pris forme.
Cet espace intermédiaire est souvent interprété comme une baisse de motivation. En réalité, il s’agit d’une transition.
Dans cette zone :
Les repères stratégiques se redéfinissent
Les priorités se clarifient
Les alliances se réévaluent
La posture évolue
Plutôt que de forcer un retour immédiat à l’intensité habituelle, le leader gagne à reconnaître cette phase comme un moment fertile. La motivation ne se décrète pas. Elle émerge d’une cohérence retrouvée.
Les organisations qui investissent dans la formation au leadership conscient et dans l’accompagnement stratégique constatent d’ailleurs un impact mesurable : meilleure rétention des talents clés, décisions plus alignées, diminution du turnover managérial.
La motivation collective commence par la posture individuelle du dirigeant.
Conclusion : la motivation comme indicateur stratégique du leadership
La motivation n’est ni un luxe ni une variable secondaire. Elle constitue un indicateur stratégique avancé. Lorsqu’elle fluctue, elle signale qu’un modèle interne ou organisationnel demande une évolution.
Pour les fondateurs, CEO et membres de comités de direction, la question n’est donc pas : « Comment retrouver la motivation ? »
La question devient : « Quel modèle de leadership suis-je prêt à faire évoluer pour que la motivation redevienne naturelle ? »
La motivation renaît lorsque la posture s’ajuste, lorsque les jeux psychologiques internes se clarifient, lorsque la performance cesse d’être défensive pour redevenir créative.
Dans un monde instable, le véritable avantage concurrentiel ne réside pas uniquement dans la stratégie externe. Il réside dans la capacité du leader à traverser les transitions sans perdre son axe.
Et c’est précisément là que la motivation retrouve sa puissance.
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